Auteur : fatoumata-d2

Mutilations génitales: les députés bruxellois veulent intensifier la prévention et le dépistage

  • Jérôme Durant
    Ce mercredi, c’est la Journée mondiale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines. Hasard de calendrier, le parlement francophone bruxellois a voté hier, en commission et à l’unanimité, une résolution visant à intensifier la prévention et le dépistage des victimes d’excision. La mesure centrale que veut encourager ce texte à portée essentiellement symbolique, c’est la systématisation d’un examen gynécologique annuel pour les jeunes filles identifiées comme à risque. Il faut dire que, si la pratique est interdite et passible de poursuites pénales en Belgique depuis 2001, les statistiques sont alarmantes.

    Sur notre territoire, vivraient près de 18.000 femmes excisées, et près de 9000 petites filles qui courent le risque de l’être un jour. C’est quatre fois plus qu’il y a dix ans. Ce recensement, c’est au Groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles (GAMS) qu’on le doit. L’explication à cette hausse se trouve dans le profil de la migration à destination de la Belgique. De plus en plus souvent, des femmes venues d’Egypte, d’Ethiopie, ou encore de Guinée : autant de pays où la pratique de l’excision est très courante. Dans l’énorme majorité des cas, l’excision a eu lieu dans le pays d’origine, avant l’arrivée en Belgique ou, plus souvent encore, lors de vacances.

    La période des vacances, c’est celle des couteaux

    « Si je prends l’exemple de la Guinée-Conakry, on est à 97% d’excision, pointe Fabienne Richard, directrice du GAMS. Donc une petite fille qui est née en Belgique, qui est intacte, qui repart l’été en vacances, pour nous, c’est inquiétant. » Face à cette réalité, les acteurs de terrain obtiennent parfois du parquet des interdictions de quitter le territoire belge. Mais, le plus souvent, l’impuissance est la règle.

    Et puis, il y a une autre facette au problème. En Europe, bien, que difficilement quantifiable, l’excision clandestine est une réalité . « La semaine dernière, il y eu une condamnation au Royaume-Uni pour excision, fait remarquer Fabienne Richard. J’ai moi-même eu des témoignages directs de jeunes filles qui ont pris l’Eurostar pour aller à Londres dans ce but-là. »

    Probablement que des choses se sont passées en Belgique

    A l’hôpital Saint-Pierre, le gynécologue Martin Caillet abonde dans ce sens. « En région parisienne, il y a eu de nombreux procès et condamnations, poursuit celui qui dirige le seul centre spécialisé dans les mutilations génitales féminines en Belgique francophone. Ce sont nos voisins tout proches. Alors on se dit qu’il y a des choses qui se sont probablement passées en Belgique. Mais pour l’instant, elles sont restées en-dessous du radar. »

    Dans les faits, chez nous, aucune condamnation n’est encore intervenue depuis l’instauration de la loi en 2001. C’est la raison pour laquelle la députée bruxelloise Fatoumata Sidibé (DéFI), à l’origine de la résolution, veut compléter l’arsenal législatif par un volet préventif. Son objectif : réunir les entités fédérées et les experts autour d’une table ronde, afin d’aboutir à un cadre commun dans lequel inscrire la systématisation, une fois par an, d’un examen des organes génitaux des 8600 petites filles jugées à risque en Belgique.

    « Sachant que leur fillette sera contrôlée tous les ans, résume l’élue amarante, les parents vont évidemment prendre la mesure du risque encouru. » A savoir jusqu’à sept ans de prison, que la mineure victime ait marqué ou non son accord.

La dénomination des rues, symbole de domination masculine ?

5  février 2019, dans Télémoustique : La dénomination des rues, symbole de domination masculine ?
La dénomination des rues, symbole de domination masculine ?

Aux Pays-Bas, la ville de Rotterdam a décidé de donner plus de noms de femmes et de personnes issues de minorités ethniques à ses rues, quasi exclusivement baptisées en mémoire d’hommes blancs. Une idée à appliquer chez nous ?


Pour toutes les personnes friantes de city-trip mais allergiques à l’invasion touristique, Rotterdam fait figure de destination de choix. Plus proche de nos frontières que sa « rivale » Amsterdam, la deuxième ville des Pays-Bas (650 000 habitants) est certes moins charmante, mais beaucoup plus dépaysante.

Quasi totalement détruite à la suite de la Seconde Guerre mondiale, Rotterdam s’est construite la réputation de ville à l’architecture moderne et audacieuse. De fait, ses nombreuses tours érigées en plein centre-ville et au bord de l’eau légitiment parfaitement son surnom de « Manhattan op de Maas » (« Manhattan sur la Meuse », la cité se situant au confluent de la Meuse et du Rhin). Vivantes et dynamiques, les rues du centre proposent une multitude de magasins, de restaurants aux cuisines traditionnelles ou exotiques, et d’innombrables cafés où s’ambiancer avant de sortir faire la fête dans l’un des nombreux clubs nocturnes qui font la réputation de l’agglomération.

L’une des artères les plus fréquentées et festives de Rotterdam s’appelle la Witte de Withstraat. Elle porte le nom d’un ancien un amiral de la marine, personnage très « controversé » de l’Histoire des Pays-Bas pour son rôle prépondérant dans le colonialisme néerlandais. L’été dernier, une association féministe (« De Bovengrondse« ) y avait installé de faux panneaux pour la transformer brièvement en « boulevard Beyoncé« . Un hommage à la star américaine, féministe engagée et « figure people » du mouvement Black Lives Matter. Une action qui a inspiré certains élus politiques… 

« L’homme blanc disparaît » 

Soutenue par les partis Groenlinks (gauche verte), SP (gauche radicale), PvdA (sociaux-démocrates) et Nida (parti musulman), Nadia Arsieni, élue du parti centriste D66, a proposé de ne donner désormais aux nouvelles rues que des noms de personnalités féminines et issues de minorités. Selon une étude commandée par son parti, 8 % seulement des voies de la métropole néerlandaise portent le nom d’une femme, 0 % celui d’une personne aux origines culturelles différentes… Sa demande a été acceptée, et la mairie veut l’appliquer dès maintenant.

Mais comme il fallait s’en douter, tout le monde n’a pas vu la proposition d’un bon œil. “Femmes et minorités ont la priorité. L’homme blanc disparaît des rues de Rotterdam”, titrait, larmoyant, le quotidien de sensibilité de droite De Telegraaf. Pourtant, il ne s’agit pas d’effacer les anciens noms de rues – comme il en est question chez nous par rapport à « l’héritage urbanistique » du roi Leopold II (noms de voiries et statues) – mais bien d’en nommer les nouvelles, et pas dans 100% des cas. Jantje Steenhuis, président de la commission des noms de rues de Rotterdam, a précisé à la télévision locale RTV Rijnmond que, dans certains cas, il n’y aurait de toute façon pas le choix, prenant l’exemple d’un terrain urbanistique situé sur le site d’un ancien hôpital, où les rues porteront les noms d’anciens médecins blancs.

Qu’en est-il du Plat pays?

En Belgique, l’attribution des noms de rues est une compétence communale. Aucune proposition semblable ne figurait dans « les priorités » des programmes électoraux lors du scrutin d’octobre dernier, mais l’initiative rotterdamoise pourrait (devrait?) inspirer certains élus de grandes villes du pays. Les femmes – comme partout dans le monde – ne représentent-elles pas la moitié de la population belge ? Les rues – nom féminin – sont pourtant majoritairement masculine : en Belgique francophone, 10 fois moins de rues portent des noms de personnalités féminines.

« Pour que la ville appartienne aux femmes, il faut aussi que la ville les rende visibles. Dans la conception patriarcale de notre société, les femmes ne sont que locataires de l’espace public, qui reste le terrain des hommes« , estimait en juillet dernier Fatoumata Sidibé (DéFI). La députée a déposé un projet de résolution pour plus d’équilibre dans les noms de rues de la capitale. Une résolution présentée à la rentrée en commission des Finances et des Affaires générales . « Cette mesure est positive. Elle met en avant des femmes, ce qui renverse la tendance actuelle où l’on ne montre les femmes que comme des victimes. » 

On a aussi vu au cours des dernières élections que la diversité culturelle franchissait (enfin) l’obstacle de la représentativité politique, notamment en Région bruxelloise où l’on dénombre désormais quatre bourgmestres d’origine étrangère sur un total de 19 communes. Si un homme issu d’une minorité ethnique peut occuper le siège de maïeur, pourquoi un autre ne pourrait-il pas avoir une rue baptisée en son honneur ? Faut-il vraiment poser la question ?

 

Communiqué de presse: Intensifier la prévention contre les mutilations génitales féminines

Communiqué de presse
Affaires sociales  DéFI veut intensifier la prévention contre les mutilations génitales féminines
A l’occasion de la Journée internationale contre les mutilations génitales ce mercredi 6 février, Fatoumata Sidibé, députée bruxelloise DéFI et présidente de DéFI Femmes persiste: “il faut un contrôle systématique des organes génitaux externe des petites filles!”


Pour rappel, la députée DéFI a déposé au Parlement bruxellois une proposition de résolution visant à intensifier la prévention contre les mutilations génitales féminines.
En Belgique, selon la dernière étude menée par le Groupe pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles (GAMS), quelques 17 273 femmes et filles sont déjà probablement excisées et 8 644 courent le risque de l’être. Ces chiffres ont doublé en cinq ans et quadruplé en dix ans, suite à l’arrivée de nouvelles populations en provenance de pays où l’excision est pratiquée. Et pourtant, en dépit de l’article 409 du Code pénal, à peine sept cas d’excision ont été traités par le parquet de Bruxelles en dix ans et aucun dossier n’a été ouvert en trois ans (cf. article DH).
« Il y a un sérieux problème de dépistage et de signalement. La demande existe! Cela fait des années que je plaide pour que l’on intensifie la prévention par un contrôle systématique des organes génitaux des filles à risque », déclare Fatoumata Sidibé.
Selon un article de la revue médicale en ligne « MediQuality » datant de mars 2018, cliniques et médecins privés pratiqueraient l’excision à Londres. En Belgique, sous couvert de corrections vaginales, des médecins pratiqueraient l’excision sunnite consistant à l’ablation du capuchon du clitoris, ce qui selon eux ne serait pas une clitoridectomie et ne violerait donc pas la loi. Ceci, donc par bienveillance et humanité, car « au motif de venir en aide aux personnes en détresse et leur faire éviter ainsi la pratique cruelle de la lame de rasoir, sur une table de cuisine ».
« Alors que des procès retentissants ont eu lieu en France notamment, ici en Belgique c’est le syndrome des trois singes « Je ne dis rien, je ne vois rien, je n’entends rien”. », déplore Fatoumata Sidibé.
Il est important de rappeler que des avancées importantes, notamment portées par le monde associatif, ont été faites dans le domaine de la prévention, de la sensibilisation, de la formation des professionnels et de la prise en charge psychosociale. Cependant, pour DéFI, il faut passer à la vitesse supérieure. « Il est temps de mettre en place un mécanisme de prévention et d’identification des mutilations génitales via l’examen des organes génitaux externes des filles à risque », conclut Fatoumata Sidibé.
La proposition de résolution déposée par Fatoumata Sidibé et cosignée par la majorité sera soumise au vote lors de la Commission des Affaires sociales ce mardi 5 février au Parlement bruxellois.

 

Proposition de résolution relative au Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

Intervention de Fatoumata Sidibé (DéFI)  dans le debat sur la Proposition de résolution relative au Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières – 7 décembre 2018.
Le 18 décembre, Journée internationale des migrants, est l’occasion de rappeler que les migrants ont des droits et des devoirs, et que les États ont des obligations internationales.Le pacte migratoire est un outil important, qui met en place de bonnes pratiques pour gérer le phénomène migratoire. Il dispose que les migrants sont des êtres humains. Il s’agit d’un texte non contraignant, qui fait confiance à l’État souverain et donne des garanties pour décider comment celui-ci peut organiser et ordonner la migration.

Il s’agit d’un pacte mondial, dont l’effet sera plus important dans les pays où les migrants n’ont pas de droits, c’est-à-dire majoritairement en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient.

Ce pacte est intransigeant sur un point essentiel qui n’a pas été soulevé, c’est-à-dire la lutte contre le racisme, la xénophobie et l’intolérance envers les migrants. Nous savons combien nos sociétés sont gangrenées par ce fléau. Le texte préconise d’éliminer toutes les formes de discrimination et d’encourager un débat public, fondé sur l’analyse des faits, afin de faire évoluer la manière dont les migrants sont perçus.

Nous avons vu, ces derniers temps, combien les passions se sont déchaînées autour de ce pacte. Il importe de rassurer les citoyens sur le fait qu’il n’y aura pas d’invasion de migrants, que les portes ne seront pas ouvertes de manière illimitée. Il s’agit d’organiser une concertation entre les États et de mener une action collective entre les pays et les Régions au niveau international.

Nous ne pouvons pas suivre la logique des gouvernements européens qui refusent de signer ce pacte, qui veulent le détricoter au point qu’il ne sera plus possible de collaborer entre États pour mettre en place une politique humaine et respectueuse des droits humains.

Il est important aujourd’hui de se dire qu’aucun pays ne pourra gérer la migration tout seul. Le groupe DéFI insiste sur le caractère fondamental du soutien de la Belgique à ce pacte et demande au gouvernement fédéral de veiller à sa crédibilité.

Il est impératif de résister. Pourquoi, me direz-vous ? Alors que la N-VA avait suivi ce texte et l’avait validé, elle a fait volte-face avec une campagne nauséabonde contre ce pacte. On l’a vu au travers de la campagne publicitaire, de la propagation de « fake news », des mensonges, des contre-vérités qui attisent les peurs, les rejets, la haine et la xénophobie.

Oui, une fois de plus, la N-VA avance sans masque. Elle n’a jamais porté de masque. Ce sont certains, qui, à force d’abandon, de reculades, de sacrifices, d’échines courbées, finissent par incarner les trois singes : je ne dis rien, je ne vois rien, je n’entends rien. Ils se sont accommodés des écarts de langages, de comportement et autres.

Aujourd’hui, la coupe est pleine ! Il faut résister ! M. le Premier ministre, vous avez obtenu la confiance du parlement. Soyez-en digne !

Vous ne pourrez pas aller à Marrakech seulement pour répondre à tous les parlements ou en votre nom personnel. Vous devez, dans deux jours, avoir une position claire et tirer des leçons de cette crise.

Nous vous demandons d’approuver ce pacte que ce soit à New York, à Marrakech ou à Tombouctou, mais il faut arrêter de prononcer un double discours ! Ce n’est pas digne d’un pays démocratique qui va prochainement siéger comme membre non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies en 2019-2020. Ayez donc un discours clair digne de notre pays !

 

Lutte contre la discrimination aun logement

Intervention de Fatoumata Sidibé dans la discussion du PROJET D’ORDONNANCE MODIFIANT LE CODE BRUXELLOIS DU LOGEMENT AFIN DE RENFORCER LA LUTTE CONTRE LA DISCRIMINATION – 20 décembre 18
Le groupe DéFI se réjouit vraiment de ce texte inspiré de l’ordonnance votée en matière de discrimination à l’emploi. Fin 2014, nombreux furent ceux qui découvrirent avec stupeur les résultats du baromètre de la diversité commandé par Unia. La discrimination est un véritable fléau. Elle est souvent un parcours du combattant qui peut s’avérer très long. Par exemple, un contact téléphonique peut faire prendre conscience au propriétaire que l’accent de son interlocuteur n’est pas celui qu’il souhaiterait entendre. De même, lors d’une visite, le propriétaire peut se rendre compte que la personne qu’il a en face de lui ne correspond pas à l’image qu’il se faisait d’elle.

Cela a toujours existé, d’aussi loin que je me souvienne. Je peux vous donner un exemple édifiant, remontant à une vingtaine d’années. À l’époque, j’avais passé un coup de téléphone à une propriétaire. Une discussion d’un quart d’heure s’était engagée, à la suite de laquelle nous avions convenu d’un rendez-vous. Lorsque je lui ai donné mon nom et lui ai expliqué que je venais du Mali, il y a eu un blanc au téléphone. La propriétaire a fini par me dire qu’elle ne pourrait pas me louer l’appartement si je venais d’Afrique.

Durant quinze minutes, je me suis efforcée de déconstruire les préjugés de cette femme. Je lui ai demandé de me rencontrer, afin qu’elle se fasse une idée de la personne à qui elle avait affaire. Elle a refusé. Je l’ai invitée à venir chez moi pour qu’elle puisse voir dans quel cadre je vivais et constater par elle-même que je n’étais pas entourée de cinquante personnes. À court d’arguments, elle a fini par me dire que c’était le conseil de copropriété et non elle qui ne voulait pas d’Africain dans l’immeuble. Au final, cette dame n’a jamais accepté de me rencontrer.

Je pense que l’on pourrait refaire le test aujourd’hui et le résultat serait le même. Il est inadmissible que l’on soit discriminé sur la base des origines, du sexe, du genre, de l’orientation sexuelle, de la situation familiale, du handicap ou de l’âge.

Certaines personnes sont plus victimes de discrimination que d’autres. Je pense évidemment aux personnes issues de l’immigration et aux personnes seules, dont les femmes seules avec enfant. La conjoncture économique actuelle des marchés locatif et acquisitif renforce ce genre de pratiques discriminatoires.

Les conséquences sont terribles : entre colère, perte d’estime de soi et souffrance, nombre de personnes finissent par se tourner vers les marchands de sommeil ou les propriétaires véreux qui louent des biens insalubres à des prix défiant l’entendement.

Je connais beaucoup de gens qui peinent à trouver un logement et se retrouvent finalement logés chez des parents ou des voisins. Quant à leurs enfants, ils ne sont pas dans une situation idéale pour s’épanouir et avoir une scolarité normale.

Il est bien sûr normal qu’un propriétaire cherche à s’assurer que le locataire est solvable. Le Code bruxellois du logement interdit au bailleur de considérer la nature ou la source des revenus, mais l’autorise à prendre en compte le montant de ses revenus.

En juin 2017, l’Université de Gand a mené pour le compte du gouvernement bruxellois une enquête qui a permis de mettre en évidence, à travers des tests de situation et des appels mystères, combien les discriminations étaient encore importantes. Face à ces constats interpellants, le gouvernement a mis en place un plan d’action pour l’accès au logement et renforcé les mesures existantes à travers la régionalisation du bail.

Ce plan mettait l’accent sur l’information et la formation des agents immobiliers, mais aussi la sensibilisation. Il avait été décidé que, si des tests révélaient ensuite que des agents immobiliers contrevenaient encore aux principes d’égalité et de non-discrimination, on passerait à une approche plus répressive.

Bien sûr, des lois existent, tout comme des mécanismes de sanction. Encore faut-il que les victimes connaissent leurs droits et, même si elles les connaissent, la charge de la preuve reste difficile à apporter. Aujourd’hui, les tests de situation, qui permettent de mettre en évidence les discriminations des bailleurs tant privés que publics et des professionnels du secteur, sont des outils qui permettent de lutter davantage contre ce fléau.

Il faut continuer à sensibiliser, à informer. La communication est importante, car il faut lutter contre les préjugés. Mais il faut aussi qu’il y ait une relation de confiance entre le bailleur et le preneur. C’est un équilibre à mettre en place. N’oublions pas que tous les propriétaires ne sont pas de gros capitalistes avec un portefeuille de biens.  Certains sont de petits propriétaires dont c’est le seul complément de revenus et qui pourraient avoir une vision bien plus égalitaire sur la base d’une simple information. N’oublions pas non plus, comme le disait M. De Bock, que certains propriétaires sont les « locataires des banques ». Ils ont aussi des obligations.

Le succès grandissant des agences immobilières sociales (AIS) permet de se rendre compte à quel point cet outil est important pour lutter contre les discriminations. De plus en plus de propriétaires préfèrent d’ailleurs ne plus se livrer à la sélection des locataires et confient cette tâche aux AIS. J’ai moi-même un bien que je loue via une AIS à une femme et ses quatre enfants. C’est aussi un acte important d’engagement social. Il me semble important d’expliquer que chacun peut apporter sa pierre à ce projet.

Des mesures doivent être prises pour informer les agents immobiliers et les bailleurs de leurs obligations et des amendes encourues, mais aussi les candidats preneurs de leurs droits et de leurs devoirs.

Grâce à cette campagne, on remarque une diminution des discriminations dues à l’origine – de 43% en 2017 à 25% en 2018 – et de celle basée sur les critères de revenus, qui est passée de 37% à 34%. Cela prouve l’utilité de l’information.

D’où l’importance des campagnes de sensibilisation et d’information à grande échelle. Nous nous réjouissons, à ce propos, de l’édition prochaine de la brochure relative à la discrimination au logement. Elle inclura aussi les nouvelles mesures prises dans le cadre de la régionalisation du bail.  Nous serons évidemment attentifs à la mise en œuvre de ce texte et à son évaluation, qui nous permettra éventuellement de l’améliorer. Pour nous, il s’agit assurément d’un grand pas en avant.

L’inclusion des femmes dans le domaine du numérique

Interpellation de Fatoumata Sidibé à Didier Gosuin, mlinstre en charge de l’emploi
L’inclusion des femmes dans le domaine du numérique – Le jeudi 13 décembre 2018
Nous le savons tous, une des priorités de la stratégie 2025 est de faire de la Région Bruxelloise un pôle d’innovation certain dans lequel se développera l’entreprenariat numérique, accroissant ainsi l’attractivité de notre région tout en boostant la création d’emplois.Cette priorité d’innovation est, de fait, complètement pertinente lorsque l’on sait que le secteur des nouvelles technologies et des technologies d’informations et de communications, seront porteurs d’une création de plus de 900 000 emplois supplémentaires en Europe d’ici 2025, selon l’OCDE.
Le domaine numérique est donc, sans équivoque, un vecteur d’emplois certain pour les années à venir.
Cependant, certains chiffres concernant le domaine des métiers et de la formation aux métiers du numériques sont plus alarmants. En effet, en Belgique, seul 1 étudiant sur 4 dans le domaine des STEM (science, technologie ingénierie et mathématique), se trouve être une fille. Ces chiffres fournis par Agoria ne sont pas porteurs d’espoir quant à une augmentation de la représentativité des femmes dans les métiers du digital.
Compte tenu du futur prometteur de ces métiers que l’on dit « d’avenir », il semble indispensable à mes yeux que l’avenir se doit d’être égalitaire, notamment en termes de parité homme/femme dans le domaine du digital.
Monsieur le Ministre, vous n’êtes certainement pas sans savoir l’intérêt que je porte à la cause de la parité homme/femme, je sais qu’il s’agit également d’une thématique sur laquelle vous portez une grande attention puisqu’en mai 2017 vous avez lancé la plateforme Women in Tech, en vue de sensibiliser les femmes aux métiers des nouvelles technologies.
Un an et demi après la création de cette initiative prometteuse, j’aurais quelques questions à vous poser concernant l’inclusion des femmes dans le domaine du numérique et des nouvelles technologies :

  • Concrètement, quels sont les résultats de cette plateforme ? Pouvons-nous constater une évolution du nombre de femmes qui travaillent ou étudient dans le domaine des nouvelles technologies ?
  • Actiris et Bruxelles formation travaillent-ils également pour une inclusion des femmes dans ce domaine ? Si oui, comment ?
  • Enfin, pensez-vous multiplier d’autres actions en vue d’endiguer ce phénomène de disparité dans les métiers des nouvelles technologies ?

Interview BX1 Fatoumata Sidibé : “Les violences faites aux femmes ont un coût énorme pour la société”

Fatoumata Sidibé : “Les violences faites aux femmes ont un coût énorme pour la société”
Fatoumata Sidibé (DéFI), députée bruxelloise, a répondu aux questions de Jean-Jacques Deleeuw ce mercredi dans L’Interview sur BX1.

La députée bruxelloise est revenue sur la récente manifestation pour la lutte contre les violences faites aux femmes, organisée samedi dernier en France et dimanche en Belgique, en même temps que le mouvement des Gilets jaunes. « Il faut entendre les gilets jaunes, notamment le malaise social qui en découle. Les femmes sont les premières souffrir des mesures d’austérité. Mais il n’y a pas de comparaison à faire entre les deux mouvements. La manifestation de dimanche dernier a été un vrai succès. On est en train de monter en puissance. Le temps des constats, c’est fini. Il est temps de mettre fin aux violences machistes », affirme-t-elle. « Il faut une priorité nationale pour lutter contre les violences faites aux femmes. Des mesures sont pour l’instant prises mais les violences ne baissent pas. (…) Il y a cette année 33 cas de féminicide dans la presse, mais on n’a pas de statistiques complètes ».


Fatoumata Sidibé demande notamment de « mieux protéger les victimes », et « mieux prendre en compte leurs plaintes à la police ». Elle souhaiterait notamment la mise en place d’un numéro de téléphone permettant aux victimes de se confier et d’être mieux protégées, comme cela se fait déjà en France. « Il y a une demande d’actions concrètes aujourd’hui. Car ces violences ont un coût énorme pour la société. Les femmes victimes de ces violences ont des vies quasiment détruites… », estime-t-elle.

« Emmanuelle Praet ? On peut s’interroger »

La députée bruxelloise est également revenue sur le départ d’Emmanuelle Praet de RTL-TVi en raison de ses propos sur le plateau de C’est tous les jours dimanche. « Emmanuelle Praet est une chroniqueuse acerbe. Je pense qu’on peut s’interroger par rapport au traitement qu’elle a reçu. Je me demande si elle aurait été traitée différemment si elle avait été un homme. Emmanuelle Praet est une chroniqueuse, et non journaliste, donc elle peut avoir des points de vue », affirme Fatoumata Sidibé.

Elle a enfin évoqué les journées du Burundi, organisées cette semaine au Sénat et au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ces journées permettent notamment d’offrir un espace de rencontres et de réflexions entre Burundais de la société civile, vivants au Burundi ou en exil. « C’est un dialogue avec les Burundais, qui a été lancé notamment par le collectif des femmes burundaises pour la paix et la démocratie, qui a permis l’organisation de ces journées. Le Burundi est traversé par des conflits violents, qui font que 400.000 Burundais vivent aujourd’hui hors du pays. Les femmes se sont donc mobilisées pour lancer un message de paix dans le monde entier », explique Fatoumata Sidibé.

La lutte contre les violences faites aux femmes, le cas Emmanuelle Praet, les journées du Burundi… : découvrez l’intégralité de L’Interview de Fatoumata Sidibé (DéFI) dans notre replay.

Retrouvez L’Interview du lundi au vendredi à 12h45 sur BX1.

Communiqué de presse du 25 novembre 2018 : Féminicides, il est temps de sauver des vies !

Communiqué de presse du 25 novembre 2018 : Féminicides, il est temps de sauver des vies !
A l’occasion de la journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, qui a lieu ce dimanche 25 novembre, Fatoumata Sidibé, députée bruxelloise et présidente de DéFI Femmes lance un appel contre ce fléau:
Féminicides : l est temps de sauver des vies ! 


En Belgique, au cours de l’année 2018, 33 féminicides ont été recensés*, soit une femme morte tous les onze jours sous les coups de son conjoint ou de son ancien conjoint. Ces chiffres proviennent d’articles de presse car aucune donnée statistique officielle n’a été publiée depuis de nombreuses années. Comment justifier une telle indifférence envers celles dont la vie est un cauchemar ?
Alors que les chiffres ne cessent d’augmenter, force est de constater que la lutte contre les violences faites aux femmes ne fait pas partie des priorités politiques de l’État fédéral !
Fatoumata Sidibé le répète depuis des années : « il faut décréter l’état d’urgence !
« Il est primordial que les femmes en réel danger, notamment suite à une rupture avec un partenaire violent, puissent faire l’objet d’une protection spéciale et efficace. Il faut intercepter les auteurs de violence conjugale qui s’apprêtent à passer à l’acte ! », insiste la députée DéFI.
Pour ce faire, à côté des dispositifs existants qu’il faut renforcer, Fatoumata Sidibé propose deux mesures à développer en concertation avec les associations, la justice et la police** :

  • Le TGD « Téléphone Grave Danger »
  • L’application « App-elles »

Pour DéFI, il est temps de faire de cette lutte une priorité nationale et de respecter la Convention d’Istanbul*** ratifiée par la Belgique en 2016. C’est une question de respect des droits fondamentaux. C’est une question de santé publique !*http://stopfeminicide.blogspot.com/

TGD : Il s’agit d’un smartphone délivré par le procureur qui permet, en appuyant sur un bouton d’urgence, la mise en contact direct de la victime avec une plateforme d’assistance dédiée 24h/24, 7j/7 et aussi une géolocalisation.  L’objectif : intervenir plus rapidement et sauver des vies.
Le système est déjà en place en France et en Espagne. En France, le système a été généralisé en 2014. En 2017, 288 femmes ont reçu le Téléphone Grave Danger. Les conditions d’attribution du TGD sont assez strictes. Pour obtenir l’appareil, il faut être majeur, ne plus vivre avec son agresseur, celui-ci doit avoir reçu une injonction de ne plus entrer en contact avec la victime.  Avant, pendant et après le TGD, on suit et on accompagne les victimes médicalement, socialement, psychologiquement et si besoin, pour un relogement.

App-elles : Lancée en France, à Nantes, par Diarata N’Diaye, App-elles est la première application française solidaire des femmes et des filles victimes de violences.  Elle permet d’alerter et de contacter rapidement ses ami-e-s, ses proches, les secours, les associations, et tout autre interlocuteur-trice de son choix. Le concept permet également l’utilisation d’un bracelet additionnel relié à l’application sur smartphone. Le bracelet permet à son utilisatrice de déclencher une alerte en temps réel en cas d’agression, et de transmettre ainsi, un enregistrement sonore ainsi qu’une localisation GPS. L’enregistrement sonore est ensuite sauvegardé pendant une semaine. Il peut constituer une preuve et aider les femmes à aller jusqu’à un dépôt de plainte.
*** https://www.coe.int/fr/web/istanbul-convention