Année : 2016

La prévention et la prise en charge des mariages forcés

Parlement francophone bruxellois
Interpellation de Mme Fatoumata SIDIBE, Députée bruxelloise DéFI, à Mme Céline Fremault, Ministre, chargée de la Politique d’aide aux personnes handicapées, de l’Action sociale, de la Famille et des Relations internationales. Concerne :     La prévention et la prise en charge des mariages forcés – 2 décembre 2016. La réponse est disponible ici. Chaque année, 15 million de filles de moins de 18 ans sont mariées de force dans le monde. Soit 28 filles chaque minute, une jeune fille chaque deux secondes. D’après les estimations de l’organisation des Nations unies, environ 700 millions de femmes et 150 millions d’hommes mariés dans le monde l’ont été de force avant leur majorité. D’ici 2030 le nombre de filles mariées sans leur consentement devrait passer de 700 millions actuellement à 950 millions.  Ces mariages forcés sont le début ou la continuité d’un cycle des discriminations et de violences.  Il s’agit d’une atteinte aux droits humains qui concerne tous les continents, y compris l’Europe.
Notre pays n’est pas en reste. Depuis 2001, la Belgique concrétise son engagement à lutter contre les violences faites aux femmes par un Plan d’action national (PAN) associant l’Etat fédéral, les Communautés et les Régions. Celui-ci est coordonné par l’Institut pour l’Egalité des femmes et des hommes. En 2010, le nouveau PAN a été élargi aux mariages forcés, les violences liées à l’honneur et les mutilations génitales féminines.
Les études menées ces dernières années ont démontré la difficulté de sortir le phénomène de l’ombre et du tabou. La dernière datant de 2012, effectuée par le professeur Andrea Rea et Nawal Bensaid (ULB) a révélé que, selon les chiffres officiels, les cas seraient très rares. Les mariages forcés ne représenteraient même pas 1% des mariages bruxellois. Sur 4000 mariages célébrés chaque année à Bruxelles, seuls 10 ou 20 seraient des mariages forcés.  Ce chiffre interpelle les acteurs de terrain qui sont confrontés à la réalité et au vu des cas signalés auprès des associations en charge des victimes de ces pratiques. L’étude souligne que le travail de terrain effectué est forcément le reflet de la fréquentation des associations  par les différents groupes. L’étude n’a donc pas eu d’accès à des populations (Pakistanais, Afghans, Albanais ou les Roms) qui fréquentent très peu les associations.
En 2014, l’International Centre for Reproductive Health (ICRH)  présenté une étude qualitative menée entre 2013 et 2014 sur la problématique en Belgique. Elle confirme l’existence de cette pratique tant chez les minorités ethniques installées depuis longtemps en Belgique que chez les nouveaux migrants. L’étude met l’accent sur la persistance des mariages précoces chez les populations Roms et Afghanes sur la nécessité d’une approche spécifique à leur encontre en matière de sensibilisation.
Il y a aussi des populations difficiles à atteindre comme les nouveaux arrivants, les personnes sans papiers. Dans une moindre mesure, les mariages forcés touchent également les hommes.
En 2007, la Belgique est devenue le deuxième pays européen à inscrire une incrimination spécifique du mariage forcé dans son ordre juridique. Elle stipule dans l’article 391sexies du Code pénal qu’ « il n’y a pas de mariage (…) lorsque celui-ci est contracté sans le libre consentement des deux époux et que le consentement d’au moins un des époux a été donné sous la violence ou la menace ».
Notre pays a également ratifié la « Convention européenne sur la violence à l’égard des femmes et la violence domestique», aussi appelée « Convention d’Istanbul.
Nous le savons, il est difficile pour les victimes de briser le silence, de sortir ce drame de la sphère familiale. Il y a donc des situations qui ne sont reprises ni dans les registres institutionnels ni auprès des associations. Il est difficile, sinon impossible de mesurer la part cachée du phénomène ; qui se révèle aussi parfois à travers les violences  conjugales. En effet, la police constate parfois que lors de plaintes pour coups et blessures, la victime a été mariée contre son consentement. Les conséquences sont lourdes en termes de coups, blessures, viols, séquestrations et autres violences.  C’est quand la victime est à bout qu’elle vient elle vient frapper à la porte de la police. Elle vient enfin demander de l’aide car c’est une question de vie ou de mort. Ces mariages peuvent tourner au drame.

Il y a aussi les mariages forcés contractés hors de la Belgique et on sait que le temps des vacances, c’est hélas pour certaines le temps des mariages forcés.  Il est très difficile pour les victimes de dénoncer cette violence psychologique et parfois physique car il s’agirait de porter plainte et de traîner sa propre famille en justice.  Et le conflit de loyauté est énorme.  Les personnes qui vous font du mal sont ceux qui vous ont élevés. Les victimes ne veulent pas traîner leurs familles en justice,  elles  veulent que les pressions s’arrêtent. Les victimes veulent réparation et cette réparation passe par l’écoute, la reconnaissance de leurs souffrances.

En juillet 2013, une ligne d’écoute téléphonique spécifique dédiée à cette problématique a été ouverte ; l’accueil téléphonique 0800 90 901 du Réseau Mariage Migration. Elle permet également l’information, l’orientation des usagers et le recueil de données.
Madame la Ministre, vous aviez affirmé en réponse à une question de mes questions écrites qu’en en 2014, et je cite : « le Réseau Mariage et Migration a reçu 115 appels dont 71 étaient liés à des situations migratoires, il s’agit de 23 cas de mariage forcé, 41 cas de mariage/relation impliquant un migrant ou une migrante (parmi lesquels 9 cas de relations avec violences), 4 cas de mariage gris, 1 mariage blanc et 2 cas d’excision. Les mariages forcés recensés par la ligne téléphonique ont été vécus majoritairement par des femmes (70 %). Cependant les hommes représentent tout de même 30 % des victimes de mariage forcé recensées par le Réseau Mariage et Migration. La majorité des victimes de mariage forcé sont âgées entre 18 et 25 ans (45 %). Le Réseau Mariage et Migration a également recensé un nombre significatif de victimes de mariage forcé n’ayant pas atteint la majorité (15 %). Les victimes de mariage forcé âgées de 26 ans et plus constituent également 15 % de notre échantillon. Les victimes de mariage forcé recensé par notre ligne téléphonique sont principalement originaires du Maghreb (40 %), suivi de l’Afrique Subsaharienne (20 %), de l’Asie du Sud-Est (15 %) et de l’Europe de l’Est (5 %). L’origine de la victime est inconnue dans 20 % des cas ».

A noter également le nombre important de demandes d’asile pour échapper au mariage forcé.
En 2015, vous me disiez que le Réseau mariage et migration avait reçu un subside de la Cellule égalité des chances de la Région Bruxelles-Capitale. Grâce à cette subvention, l’asbl devait élaborer un outil alternatif de collecte de données visant à recenser les cas de mariages forcés non seulement par le biais de sa permanence téléphonique, mais également par la capitalisation des demandes liées aux mariages forcés reçues par les associations-membres. Ce travail s’est étalé sur les années 2014 et 2015. L’objectif n’est pas d’obtenir des statistiques précises sur la question, mais bien d’évaluer s’il y a lieu de considérer que le phénomène est très rare ou, au contraire, relativement marqué sur le territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les résultats devraient être connus dans le courant de 2016.

Un des thèmes majeurs du Plan intrafrancophone de lutte contre les violences faites aux femmes intégré au Plan d’action national 2015-2019 est la lutte contre les mariages forcés.

Enfin, par rapport à l’hébergement des personnes victimes de mariages forcés, vous disiez que votre objectif était de trouver des solutions rapides et efficaces à cette problématique via les quinze maisons d’accueil agréées par la Cocof.  
Madame la Ministre, la question de l’hébergement reste cruciale.  Car  les maisons d’accueil sont saturées et les listes d’attente longues. Ensuite, et cela reste une demande réitérée des associations de terrain, ces structures d’accueils de victimes de violences  conjugales et intrafamiliales ne conviennent pas toujours aux jeunes qui cherchent à échapper à un mariage forcé.  

Oui, le secteur demande un centre d’accueil spécifique pour les jeunes filles qui ont coupé tout lien avec leurs familles et  leur milieu d’origine et qui ont besoin d’un accompagnement spécifique pour se reconstruire, continuer leur scolarité.   Quand la jeune victime est placée dans un centre et qu’elle n’est pas bien, elle risque de fuguer, de reprendre  contact avec certaines personnes de leur entourage  et de s’exposer à des dangers. 
En cas de danger imminent, la victime est placée dans une maison d’accueil sur base de violences intrafamiliales. Si le danger n’est pas imminent, le secteur se débrouille pour trouver des solutions soit en dehors de Bruxelles dans un centre d’accueil, soit via des canaux informels.
Le secteur met également l’accent sur les mineures qu’il faut protéger, placées dans des homes, mises sous pression par une médiation avec la famille qui place la mineure dans une situation intenable. Et de noter que la médiation ne marche pas. Elle ne vaut que pour des parties égales. Ce n’est pas le cas entre un enfant et ses parents.
Par ailleurs, le secteur constate  la corrélation entre les campagnes de sensibilisation/formation et la hausse des appels téléphoniques et des prises de contacts.  Quand les campagnes s’arrêtent, les plaintes aussi disparaissent.
J’en arrive à mes questions :

  • Existe-t-il des chiffres récents concernant le nombre de cas répertoriés ou enregistrés ? Quels sont les résultats de l’étude relative à l’outil alternatif de collecte de données relatives aux mariages conclus sous la contrainte élaboré par le Réseau mariage et migration ?
  • Quels sont les derniers chiffres, profils des victimes et appelants de la ligne d’écoute téléphonique ?
  • J’entends bien que les services de police ne sont pas inclus dans vos compétences et que dans le cadre de la IVe Réforme de l’État, les Services d’Aide aux Victimes ainsi que les Services d’Aide aux Justiciables ont été transférés en 2014 vers la Fédération Wallonie-Bruxelles. Néanmoins, sans doute disposez-vous de données à ce niveau ?
  • Quelles sont les actions de prévention, sensibilisation menées auprès des acteurs de terrains, des publics cibles et auprès des jeunes filles et garçons, prioritairement, en milieu scolaire ?
  • Quelles sont les campagnes d’informations préventives menées ? Avec quel bilan ? D’autres sont-elles prévues ?
  • Existe-t-il des protocoles d’intervention ?
  • Quelle sensibilisation et formation des catégories professionnelles confrontées à de telles situations (agents communaux, travailleurs médicosociaux,enseignants, fonctionnaires d’état civil) et, plus précisément en rapport avec votre compétence de l’Action sociale, du personnel des centres de planning familial, des maisons d’accueil et des services d’aide à domicile ?
  • Quel est le montant du subside accordé au Réseau mariage et migration ?
  • Concernant l’accueil des victimes de mariages forcés, quelles sont les solutions proposées ? Maisons d’accueil ? Familles d’accueil ? Quelles sont les synergies entre le Réseau mariage et migration et les maisons d’accueil, susceptibles de pouvoir accueillir les personnes concernées ?

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.girlsnotbrides.org/about-child-marriage/

Violences faites aux femmes Il est temps de décréter l’état d’urgence !

Communiqué de presse
Violences faites aux femmes Il est temps de décréter l’état d’urgence !
Ce 25 novembre, journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes , Fatoumata Sidibé , députée bruxelloise DéFI et présidente de DéFI Femmes fait un constat pessimiste.“ De nombreuses manifestations seront organisées pour dénoncer les différentes violences faites aux femmes en tout temps et en tout lieu, les politiques feront le bilan des actions menées et (re)prendront moult engagements, des campagnes de sensibilisation auront lieu, des associations se mobiliseront, des conférences et colloques seront organisées, des slogans seront brandis, des banderoles affichées, des pins seront distribués, etc. L’espoir d’un autre monde pour les femmes brillera dans le ciel automnal mais l’hiver enveloppera d’un manteau de froidure les illusions éphémères mais sans cesse renouvelées.”
La faute au patriarcat, cette organisation de la société qui repose sur la domination du groupe social des hommes sur le groupe social des femmes et qui est codifié dans les lois, coutumes, traditions, etc. La faute à la société qui alimente, renforce et légitime cette domination d’un sexe sur un autre à travers le sexisme. C’est la responsabilité collective de la société.
La lutte contre les violences progresse dans notre pays, le silence se brise, la parole se libère, des mots dévoilent les maux. Mais les chiffres * s’égrènent dramatiquement au fil des années. Face à de tels chiffres, on est en droit de se demander ce qui est entrepris. Beaucoup d’avancées, il faut le dire.
Les violences faites aux femmes ne diminuent pas face au p atchwork de mesurettes ** qui contribuent à la réduction des conséquences, pas des causes. Il y a pénurie de places d’accueil d ’urgence, trop peu de refuges spécialisés, secrets et sécurisés, beaucoup à faire en matière de sensibilisation, de lutte contre les stéréotypes, d’écoute, d’accueil et accompagnement des victimes, de suivi de s plaintes, de formation des policiers et des professionnels.
Mais il faut saluer le secteur associatif fortement porté par des volontaires et qui supporte essentiellement la lutte contre les violences faites aux femmes, en dépit du manque de financements publics.
Combien de temps encore allons-nous naviguer à vue sans évaluation des circulaires, des plans successifs, des actions sur le terrain, des services mis en place ? Les femmes vivent un terrorisme au quotidien. “ Il est grand temps de relever le niveau d’alerte au maximum, de décréter l’état d’urgen ce contre les violences faites aux femmes”, conclut Fatoumata Sidibé .
Anne-Sophie Jiménez Rueda
Porte-parole DéFI
* 24% des femmes déclarent avoir été victimes de violences de la part de leur (ex)partenaire depuis l’âge de 15 ans.
Plus de 170 cas par jour de violences entre partenaires en 2014, 160 femmes décèdent par an dans un contexte de violences conjugales 70% des dossiers de violences conjugales sont classés sans suites par le Parquet et seulement 11% donnent lieu à une condamnation.
7 viols sont commis par jour. 40 % des victimes n’ont jamais entrepris de démarches, 16 % portent plainte à la police. Seuls 4% des plaintes pour viol aboutissent à une condamnation.
46% des femmes se sentent en insécurité pour marcher seules après la tombée de la nuit.
** Depuis 2001, des Plans d’Action Nationaux contre les violences faites aux femmes pour coordonner les politiques en matière de violence,
Depuis 2006 deux circulaires Tolérance 0 pour une meilleure collaboration entre les services de police/le parquet et les services d’aide pour l’accueil des victimes et le suivi des plaintes.
Depuis 2009, une ligne gratuite d’écoute violences conjugales gratuite et anonyme 0800 30 030
Depuis juillet 2013 une ligne d’écoute téléphonique mariages forcés ou contraints 0800 / 90 901
Depuis 2014 une loi « contre le sexisme » condamne tout geste ou comportement qui méprise, gravement et publiquement, une personne en raison de son sexe.
Depuis ce mois de novembre 2016, gratuité de la ligne téléphonique SOS viol 0800/98.100 dédiée aux victimes de violences sexuelles.

Les violences faites au Femmes

Parlement régional bruxellois
Interpellation de Fatoumata Sidibé à Bianca Debaets, ministre de l’égalité des chances
Les violences faites au Femmes – 7 novembre 2016. La réponse est disponible ici.

Les chiffres concernant les violences faites aux femmes sont inquiétants, et pourtant nous ne disposons pas de chiffres récents. La dernière étude datant de 2010 faisait état de 12% des femmes bruxelloises indiquant avoir été victimes de violences durant l’année précédant l’étude.
Comment dès lors lutter concrètement contre un phénomène dont on ignore les contours ? Une cartographie du phénomène est donc plus que nécessaire. Combien sont-elles ? Qui sont-elles ? D’où proviennent-elles ? Où vivent-elles ? Quel est leur profil ? Quels types de violences subissent-elles ? Quelles sont les conséquences de ces violences sur leur santé physique, psycho-sociale et mentale, ainsi que sur leur qualité de vie ?
On se réjouit donc de votre déclaration en décembre dernier concernant la commande en Région bruxelloise d’une cartographie de la violence à l’encontre des Femmes. Pour réaliser l’étude, un accord de coopération avec l’Institut pour l’Egalité des femmes et des hommes et l’Université de Gand a été conclu. Madame la Secrétaire d’État, mes questions sont les suivantes :

  1. Pourriez-vous nous en dire plus au sujet de cette étude ? Quelle en sera sa méthodologie ? Quand sera-t-elle disponible ?
  2. Cette étude prendra-t-elle en compte les enfants ?
  3. Quelle est votre politique en matière de lutte contre les violences faites aux femmes ?
  4. Concernant la violence à l’égard des femmes enceintes, et suivant l’étude d’An-Sofie Van Parys (UGent), la violence entre partenaires touche 10.6% des femmes durant leur grossesse et 14.6% des femmes deux mois avant la grossesse. D’où l’importance de permettre aux femmes de libérer la parole lors des consultations prénatales. A cette fin, An-Sofie Van Parys propose de généraliser la consultation dite « Women only » où les femmes sont reçues par une sage-femme au moins une fois sans leur partenaire. Quelles sont les initiatives prises en la matière par les professionnels ?
  5. Quelles sont les initiatives et actions de la coordination régionale bruxelloise ?

MIXITY.brussels 2017

Question orale de Mme Fatoumata SIDIBE, Députée bruxelloise DéFI, à M . Rudi VERVOORT, Ministre-Président du Gouvernement bruxellois, chargé des Pouvoirs locaux, de la Politique de la Ville, du Développement territorial, des Monuments et Sites, du Tourisme et des Affaires étudiantes et M. Guy VANHENGEL, Ministre, chargé des Finances, du Budget et des Relations extérieures – 19 octobre 2016. La réponse est disponible ici.
Concerne : MIXITY.brussels 2017L’année 2017 sera l’année de la diversité à Bruxelles. Avec le slogan « mixity », 2017 sera ponctué d’évènements, à l’image de Bruxelles, deuxième ville la plus cosmopolite au monde et la première en Europe. En effet, les chiffres clés de la Région de Bruxelles-Capitale en 2015 parlent d’eux-mêmes : 1.175.173 habitants, 183 nationalités, plus de 100 langues parlées, 1 Bruxellois sur 3 a une nationalité étrangère (33,9%), les cinq principales nationalités étrangères sont les nationalités française (15,2%), marocaine (9,6%), roumaine (8,4), italienne (7,9%) et espagnole (6,9%).
C’est visit.brussels qui devrait coordonner les nombreux projets bruxellois en collaboration active avec les mondes culturel et socioculturel bruxellois. Des évènements existants adopteront le thème de la diversité (le festival Couleur Café; l’ouverture de la Maison de l’histoire européenne, la Belgian Pride, la réouverture du musée d’Afrique centrale, une exposition du musée juif de Belgique, l’expo itinérante « l’islam, c’est aussi notre histoire » retenue comme un des projets majeurs culturels européens).
Tout au long de 2017, la diversité sera déclinée sous l’angle culturel, religieux, de genre, historique, artistique. Il est annoncé que la campagne de promotion de l’année thématique aura pour but de relier entre eux ces projets sous le signe de la diversité et de fédérer l’ensemble des communautés autour des valeurs communes bruxelloises.
Visit.brussels organisera également les « mixity awards » pour honorer les meilleures initiatives associatives, culturelles et sportives en matière de diversité qui contribuent au rayonnement de Bruxelles en Belgique et à l’étranger. L’événement est soutenu financièrement par des ministres de quatre pouvoirs publics : le ministre-président Rudi Vervoort et le ministre Guy Vanhengel du Gouvernement bruxellois, les ministres Rachid Madrane et Sven Gatz, responsables e.a. de la promotion de Bruxelles au sein des gouvernements des Communautés, la ministre Fadila Laanan, ministre-présidente du gouvernement francophone bruxellois (Cocof). On salue donc cette initiative commune qui n’avait plus vu le jour dans la capitale belge depuis l’an 2000 avec « Bruxelles, Capitale européenne de la Culture ».
Mes questions sont les suivantes :
– Le programme de Mixity 2017 est-il clôturé ?
– Quelles sont les activités qui ont été retenues ?
– Quel est le budget alloué ?
– Quelles sont les collaborations avec les associations bruxelloises ? Quelle est l’implication de la population ?
– Pourriez-vous nous en dire plus sur l’exposition « L’Islam c’est aussi notre Histoire! » ? Quelle structure la pilote ? Quel est le lieu retenu pour cette exposition ?
Je vous remercie pour vos réponses.

Le bilan de l’appel à projets sport pour tous

Parlement francophone bruxellois

Interpellation  de  Mme Fatoumata SIDIBE,  Députée bruxelloise DéFI, à  Mme Fadila Laanan,  Ministre-Présidente, chargée du Budget, de l’Enseignement, du Transport scolaire, de l’Accueil de l’Enfance, du Sport et de la Culture.
Concerne :   Le bilan de l’appel à projets sport pour tous. La réponse est disponible ici. Madame la Ministre-Présidente,
Les  bénéfices  de  l’activité sportive  régulière  tant  en termes  de  bien-être,  de  santé  publique,  de  cohésion  sociale, d’éducation,  de  vivre-ensemble,  de  respect  mutuel,  de  fair-play,  de  citoyenneté,  que  de  lutte  contre  les discriminations,  l’exclusion  sociale,  le  décrochage  scolaire,  la  violence  et  le  racisme  ne  sont  plus  à  démontrer.L’accessibilité du sport à chacune et à chacun, sans distinction, doit figurer parmi les priorités politiques.
Il semblerait qu’aujourd’hui, le niveau de pratique soit encore trop faible en Région bruxelloise. De même, il y a une inégalité d’accessibilité au sport dans des quartiers fragilisés. Le cadastre des sports de 2012 a en effet montré un déficit en équipements, principalement dans les quartiers denses et économiquement défavorisés, contribuant à la dualisation sociale des habitants par rapport à la pratique sportive.
On se réjouit donc que le  Gouvernement francophone bruxellois entende développer le « sport pour tous » dans la région, c’est-à-dire  qu’il se soit  fixé  l’ambition  d’une  offre d’activités sportives encadrées suffisante et accessible à tous les Bruxellois.
Pour  ce  faire,  la  région  met  l’accent  sur  le  développement  de  plusieurs  actions :  construction  d’infrastructures sportives, renforcement de la promotion du sport vers le grand public, développement de l’offre de sport à destination de publics spécifiques (seniors et personnes souffrant de certaines pathologies invalidantes), diminution des obstacles (financiers et autres) limitant l’accès au sport.
A cette fin, un appel à projets a été lancé il y a quelques mois, décliné sur plusieurs axes en fonction de cinq priorités : Promotion du sport ; Sport senior et sport santé ; Sport et lutte contre l’exclusion sociale ; Sport et éducation ; Sport et fair-play. L’appel à projets s’est clôturé le 15 juin 2016. Les projets doivent se dérouler entre le 1 er septembre  2016 et le 31 août 2017.
Parallèlement,  la  Commission  communautaire  française  a lancé l’appel à projets « Sport au féminin » visant à promouvoir la pratique de l’activité sportive auprès des femmes dès 16 ans et ce, dans tous les quartiers. L’ambition est de soutenir les initiatives qui  valorisent  le  sport  et  qui visent  en particulier l’accès  de  toutes  –  surtout  les  femmes  en  difficulté  –  à  la pratique sportive. Cet appel à projets s’est également clôturé le 15 juillet 2016.

–  Pourriez-vous nous dresser un bilan de cet appel à projets ?
–  Certaines actions prioritaires émergent-elles ?
–  Certaines  communes  étant  plus  déficitaires  que  d’autres  en  matière  d’équipements  et  d’offre  sportive,  je voudrais savoir comment l’appel à projets y répond.
–  Quelle est la ventilation du budget par commune ? Quels sont les montants octroyés ? Quels critères ont été
utilisés pour sélectionner les projets ?
–  Quelles sont les mesures prises par la région pour diminuer les obstacles financiers et autres limitant l’accès
au sport ?
–  La dimension genre a-t-elle été prise en compte dans l’appel à projets ?
–  L’appel sera-t-il renouvelé ?
–  Qu’est-il  sorti  des  commissions  conjointes entre  la Commission  communautaire  française  et  la  Fédération
Wallonie-Bruxelles ?  Où  en  est  le  renforcement  des  synergies  permettant  de  développer  une  politique
sportive ambitieuse en faveur des Bruxellois ?
–  Où en est la réforme du règlement encadrant les subsides aux clubs sportifs ?

L’état des lieux de l’EVRAS

Parlement francophone bruxellois
Interpellation de Mme Fatoumata SIDIBE, Députée bruxelloise DéFI, à Mme Céline Fremault, Ministre, chargée de la Politique d’aide aux personnes handicapées, de l’Action sociale, de la Famille et des Relations internationales – Le vendredi 30 septembre 2016.  La réponse est disponible ici. 
Concerne :   L’état des lieux de l’EVRAS.La généralisation de l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS) dans les écoles est un levier indispensable pour la promotion de l’égalité hommes/femmes, la promotion de la santé, la lutte contre les violences de genre,  la déconstruction des idées reçues, le développement de l’esprit critique permettant d’opérer des choix éclairés pour s’épanouir dans la  vie relationnelle, affective et sexuelle, le respect de soi et des autres.  Les contours des contenus semblent néanmoins flous pour de nombreux acteurs de terrains. L’ensemble des jeunes dans  les écoles fondamentales,  techniques,  professionnelles et spécialisées doivent bénéficier de ces animations EVRAS. C’est un droit fondamental.
Dans le cadre du plan de promotion de la santé,  vous avez  proposé une série de mesures pour réglementer l’Education à la Vie Relationnelle, Sexuelle et Affective des jeunes dans les écoles, particulièrement dans l’enseignement spécialisé.
Vous avez la compétence pour  les animations d’EVRAS effectuées par le personnel des centres de planning familial.  L’ensemble des subsides est aujourd’hui attribué à la fédération des centres de planning  afin d’avoir à la fois cohérence et objectivation  des  animations effectuées. C’est donc ainsi qu’un recueil de données sur les animations d’EVRAS effectuées par les centres de planning en Région bruxelloise a été réalisé. Une cartographie serait disponible aujourd’hui.
Vous disiez connaître avec précision aujourd’hui tous les chiffres à ce sujet : par commune, par école,  par quartier, par thématique abordée, par âge, etc.
Ce travail de récolte de données objectives est indispensable pour permettre de généraliser l’EVRAS.  Cela nécessite aussi d’adapter le budget. Vous disiez que votre administration travaillait sur un projet d’élargissement des animations EVRAS sur la base d’une collecte de données en vue d’une application.
Bien sûr, il faudra une vraie coordination entre les animations des centres PMS et celles des centres de planning familial. Les deux sont nécessaires pour la généralisation de l’EVRAS.
Quelles sont donc les étapes suivantes pour l’élargissement des animations à Bruxelles. Avez-vous des données à nous communiquer ?

Mes questions sont les suivantes :

  • Il semblerait que les  communes  du  nord-ouest  de  Bruxelles,  ainsi  que celles du sud sont moins bien desservies que le reste. Pourquoi ?
  • Quel est l’objectif de la rentrée 2016 ? Quid des partenariats avec la  ministre  de  l’Enseignement  dont relèvent les centres psycho-médico-sociaux (PMS).
  • Qu’en est-il de la possibilité, pour une série d’asbl,  d’entrer,  elles  aussi,  dans  le  recueil  de  données (Groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles, Touche pas à  ma  pote,…).
  • Vous évoquiez  également la création d’un label EVRAS en groupe intra francophone  afin  d’identifier  et  de  certifier  les associations qui effectuent des animations EVRAS dans les écoles.  En effet, il y a un large éventail d’acteurs et de thématiques et il est important d’avoir un minimum de connaissances et d’éthique pour organiser de telles animations destinées aux jeunes enfants.
  • Vous deviez rencontrer  les  responsables  de  la  plate-forme  EVRAS après Pâques pour discuter du contenu des animations. Quel est l’état d’avancement ?
  • Qu’en est-il de la concertation avec les autres entités fédérées ?

Envolart à propos de mon expo à la Cobalt Gallery

Septembre 2016 www.envozart.be à propos de mon exposition à la Cobalt Gallery
La galerie Cobalt à Bruxelles présente les toiles à l’huile ou à l’acrylique de Fatoumata Fathy Sidibé. Cette artiste d’origine malienne vivant à Bruxelles exprime dans ses tableaux la beauté, la puissance et l’originalité du masque africain. Ses productions reflètent précisément les formes desdifférents masques qu’elle a choisis. Il n’y a pas decomposition formelle : les masques euxmêmes sont les formes, les compositions.Les couleurs de l’artiste sont vives et chantantes, créant tour à tour des contrastes ou de riches harmonies. Dans certains cas, les couleurs forment des motifs saisissants sur la surface des masques. Dans ses masques, Fatoumata Sidibé a une démarche double. D’abord, elle transforme des objets tridimensionnels en figures bidimensionnelles. En second lieu, ces tableaux viennent au monde et vivent à leur façon, devenant « art » de plein droit (texte tiré du site de la galerie Cobalt.)

Belges et issus d’une minorité, nos élus sont-ils tous égaux ?

Octobre 2016, revue Regards : Belges et issus d’une minorité, nos élus sont-ils tous égaux ?
« Cet incident au sein d’une enceinte parlementaire censée incarner les valeurs et principes démocratiques n’est pas un simple dérapage ». C’est  le reflet de la régression raciste qui s’est installée dans de nombreuses sphères de notre société.  Il nous en dit long sur la manière dont les élus de la diversité sont parfois perçus : des élus pas comme les autres, qui occupent une place en quelque sorte illégitime.  On en est à la 2ème, 3ème génération et on continue à dire « retourne chez toi ». Jusque quand reste-t-on immigré ? J’ignore si les élus belges issus de l’immigration sont habitués à ce genre de dérapages mais il y a des milliers de citoyens d’origine plurielle qui sont confrontés au quotidien à la violence de cette expression. Le message donné est le suivant : « quoi que vous fassiez, vous ne serez jamais des Belges à part entière ».  Ce n’est pas ainsi qu’on va construire et faire société ensemble. D’autre part, il est bon de rappeler que plus que quiconque, les élus d’origine plurielle ont le devoir de faire vivre ici et au-delà de nos frontières les  valeurs démocratiques auxquels ils adhèrent en tant que citoyens.  La députée aurait-elle eu droit à ce genre de réflexion si elle avait été un homme ? Il y a fort à parier que non car sexisme et racisme se superposent et se renforcent. L’incident est peut-être clos mais « l’effet Meryame », qui a provoqué une onde de choc, nécessite  de montrer l’exemple et de poser des actes.  Finies les remarques sexistes et racistes sur les bancs et dans les locaux des parlements !  

 

Fatoumata Sidibé
Députée bruxelloise

Les nouveaux enseignements du Centre islamique à St Josse

Parlement francophone bruxellois

Question écrite de Mme Fatoumata SIDIBE, Députée bruxelloise DéFI, à Mme Fadila Laanan, Ministre-Présidente chargée du Budget, de l’Enseignement, du Transport scolaire, de l’Accueil de l’Enfance, du Sport et de la Culture.  La réponse est disponible ici. Concerne : Les nouveaux enseignements du Centre islamique à St Josse.
Le Centre d’éducation et culturel (CECJ) de Saint-Josse vient d’inaugurer trois nouvelles sections :
 « Al-Anouar » – destiné à l’enseignement maternel ;
 L’institut « Nour » – destiné aux femmes ;
Les ambitions affichées de ces nouvelles sections sont notamment « l’apprentissage du Saint Coran » pour les enfants, et les « Cours de la culture féminine » (incluant couture, céramique, éducation des enfants,…) pour les femmes.
Ma question est la suivante :
 A combien peut-on estimer le nombre d’asbl en Région bruxelloise dispensant un enseignement maternel ? Disposez-vous d’un cadastre ? Parmi celles-ci, combien dispensent-elles un enseignement islamique ?